Villefranche-sur-Saône (69)
Reconstruction et restructuration du SDIS et du centre logistique départemental à Villefranche-sur-Saône, pour SNI Rhône-Alpes : 6 355 m², 7,4 millions d’euros de travaux, concours remporté par A26 Architecture, avec EGIS Rhône-Alpes et VOXOA, et livré en 2013.
Une phrase de l’agence dit l’essentiel de la difficulté : l’ensemble a été construit sur une caserne restée en activité. On ne ferme pas un centre de secours le temps d’un chantier — les engins doivent pouvoir sortir à toute heure, pendant que le chantier occupe le même terrain. Le phasage passe donc avant l’architecture : c’est lui qui décide de ce qui se démolit, et dans quel ordre.
Le programme, lui, ressemble à une petite zone d’activité : un bâtiment administratif en R+2 avec le casernement, les vestiaires d’intervention, une salle de sport et un terrain d’entraînement, le centre de commandement départemental, un bâtiment consacré au déneigement et à la viabilité hivernale, les emprises de l’unité fluviale, et une zone d’entraînement aux gaz toxiques. Des usages qui n’ont presque rien en commun, et qui doivent pourtant se lire depuis la rue comme une seule adresse.
C’est ce que fait le rouge. Le soubassement court sur toute la longueur du terrain, nervuré et presque aveugle côté rue — le rez-de-chaussée d’une caserne n’a pas à s’exposer — et il porte un étage sombre dont les fenêtres régulières sont les chambres et les bureaux. Pour une image, ce rouge-là est le vrai sujet : c’est la couleur la plus difficile à tenir. Trop de lumière et elle se brûle, elle perd son relief et devient une surface plate ; à l’ombre elle vire au noir. D’où le ciel voilé plutôt que le grand soleil.
D’où, aussi, deux vues plutôt qu’une, prises depuis les deux extrémités de la rue : un bâtiment de cette longueur ne tient pas dans un cadre, et ce qu’il faut montrer n’est pas une façade mais un alignement. Les arbres plantés devant le rouge y servent deux fois — ils donnent l’échelle, et ils empêchent la grande surface colorée de devenir un aplat. Les hommes en tenue, eux, disent à qui appartient le bâtiment. L’autre caserne du site, le centre d’incendie et de secours de Châteauneuf-sur-Loire, pose la question à l’autre bout : un centre neuf sur un terrain libre.