Courbevoie (92)
Le Village Delage occupe à Courbevoie l’ancien terrain de l’usine automobile du même nom ; la Ville y conduit depuis 2013 la transformation de ce site industriel en quartier habité. L’Ove en occupe l’entrée : une opération de logements avec commerces en rez-de-chaussée, réalisée par SEFRI-CIME sur un projet de Mars Architectes. Ces deux perspectives ont été produites pour l’agence Markus.
Ici la façade n’est pas un mur percé de fenêtres : c’est une pile de balcons. Le nez de dalle ondule d’un bout à l’autre du bâtiment, et il n’ondule pas de la même manière d’un étage au suivant — les creux d’un niveau tombent devant les bosses de celui du dessous. Aucun logement n’a donc tout à fait le même balcon, et le mouvement se poursuit jusqu’en couronnement, où la toiture reprend la vague.
Pour une image, c’est un sujet difficile, et pour une raison précise : tout est blanc. Le béton est clair, les garde-corps sont clairs, le ciel est clair. Il ne reste donc presque aucun contraste de matière pour dire la forme — la courbe n’existe que par l’ombre, par le dégradé qui court sous chaque dalle et par la lumière que le sol renvoie dans les sous-faces. Éclairée trop à plat, l’ondulation disparaît et il ne reste qu’un volume blanc ; éclairée trop durement, le bâtiment se raye. Le réglage tient entre les deux.
Le second point tient aux balcons eux-mêmes. Comme leur profondeur varie sur leur propre longueur, ce qu’on peut y poser change en même temps : une table tient là où la dalle avance, pas là où elle se rétracte. Les plantes, les stores et le mobilier suivent donc la géométrie, sans quoi l’œil sent la fausse note avant de savoir la nommer. Les deux vues restent au niveau de la rue, depuis le rond-point puis depuis l’angle : un bâtiment qui marque l’entrée d’un quartier se juge de là où l’on arrive, pas d’une diagonale aérienne flatteuse.